Evènements passés

24 septembre 2021 - Événement inaugural du Master SMT

Le 24 septembre, un panel d’orateurs est monté sur la scène de l’IMD Lausanne pour inspirer les étudiants et les pousser à se dépasser, lors de l’événement inaugural du programme de master en management et technologies durables du Centre E4S.

Lisez le rapport complet de l’événement ici

31 aout 2021 - Consommation Responsable : faut-il changer le logiciel ?

20 Avril 2021 - Table Ronde - La taxe sur les billets d'avion: trop ou pas assez?

 

Compte-rendu de l’évènement

Une taxe qui peut changer les comportements si elle est bien conçue

La taxe sur les billets d’avion proposée par la loi suisse sur le CO2 sous les projecteurs

Le peuple suisse votera le 13 juin une loi sur la réduction du CO2 qui propose, entre autres mesures, une taxe sur les billets d’avion. Dans son livre blanc à paraître, la plateforme E4S “Evidence-based environmental policy” évalue l’impact de cette taxe sur la demande et les émissions. Philippe Thalmann, professeur d’économie urbaine à l’EPFL, et coordinateur de la plateforme explique que, pour modifier les comportements dans l’ampleur nécessaire pour atteindre les objectifs en matière de carbone, la taxe devrait être plus élevée pour les vols long-courriers.

Pour enrichir le débat, des acteurs du secteur et du public ont été invités à exprimer leurs arguments pour et contre la mesure. Julian Cook, spécialiste du secteur de l’aviation, plaide pour des mesures alternatives qui ne feraient pas autant de mal à l’industrie, comme la taxation des avions les plus polluants. Jean-Marc Thévenaz, PDG d’Easy Jet Suisse, craint que les aéroports frontaliers tels que Bâle ne souffrent de la délocalisation du trafic aérien. Un effort coordonné avec le reste de l’Europe est important pour Blaise Matthey, directeur général de la Fédération des Entreprises Romandes Genève.

Une politique visant à décourager les vols inutiles est testée par l’EPFL, comme l’explique Gisou Van der Goot, vice-président pour la transformation responsable. Les professeurs qui souhaitent se rendre à l’étranger pour assister à des conférences sont priés de justifier la nécessité de prendre l’avion au lieu d’assister à distance ou d’utiliser des modes de transport alternatifs moins polluants. Pour la jeune génération représentée par Adrien Legrain, spécialiste de la durabilité au sein de la même institution, “il s’agit surtout d’une mesure de signalisation” pour montrer que la Suisse joint le geste à la parole. Nikolai Orgland montre que le processus de production des biocarburants alternatifs au kérosène est lui-même très polluant, et plaide donc pour des mesures comportementales visant à réduire les émissions.

12 novembre 2020: Première réunion annuelle E4S

 

Compte-rendu de l’évènement

Nous devons passer d’un système économique en panne à un monde plus inclusif et écologiquement durable, déclarent les dirigeants d’E4S.

«Le capital dans le capitalisme ne doit pas se limiter au capital physique – il doit inclure tout ce qui est valorisé dans la société.»

La crise du COVID-19 a détruit l’activité économique et amputé le capital, mais elle offre également une rare opportunité de transition vers des économies plus résistantes, plus inclusives et plus durables sur le plan environnemental.

Lors de la première réunion annuelle d’E4S – Enterprise for Society Center, une collaboration unique entre trois institutions universitaires de premier plan – les participants ont appelé à une action urgente pour lutter contre certains des défis prioritaires de la société, dont le changement climatique.

Jean-Pierre Danthine, directeur général d’E4S et professeur à l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne), a appelé à un nouveau contrat social entre le monde académique, l’entreprise et la société.

Un appel qui se reflète dans la mission d’E4S, laquelle promeut le dialogue entre les chercheurs, les éducateurs et les praticiens pour s’attaquer aux problèmes les plus ardus du monde d’aujourd’hui.

“Nous ne serons sur une voie durable que si nous respectons la planète et protégeons ainsi les conditions de vie de nos enfants”, déclare Jean-Pierre Danthine. “Pour être provocateur, c’est l’essence même du capitalisme, mais le capital dans le capitalisme ne doit pas se limiter au capital physique, il doit inclure tout ce qui est valorisé dans la société.”

Il a également annoncé le lancement d’un nouveau master en  Management Durable et Technologie, afin de préparer les étudiants à conduire la transition vers une économie plus résiliente, plus respectueuse de l’environnement et plus inclusive, tout en exploitant la puissance de la technologie.

Il s’agit d’un programme de master unique qui s’appuie sur l’expertise des membres d’E4S – EPFL, IMD et l’UNIL.

Le monde universitaire a un rôle prépondérant à jouer dans la transition vers un monde durable

Nouria Hernandez, Recteur de l’UNIL, appelle les établissements d’enseignement supérieur à suivre leur impératif moral d’agir pour protéger l’avenir à long terme des personnes et de la planète. “Il ne reste qu’une partie de nos ressources naturelles”, dit-elle. “Nous en manquerons bientôt et cela affectera nos enfants.” La plupart des gens craignent le changement, dit-elle, et l’urgence de la nécessité d’agir n’est pas visible.

Mais si le problème (l’augmentation des émissions) est simple, la solution est compliquée. Par conséquent, un changement positif nécessite une collaboration interdisciplinaire.

“C’est exactement le type de problème auquel les universités devraient s’attaquer”, déclare Nouria Hernandez. “Il concerne des thèmes aussi différents que le calcul des émissions de CO2 et le comportement humain. Et, en fin de compte, notre survie. C’est pourquoi je suis si enthousiaste à propos de la mission d’E4S.”

Cette perspective a été reprise par Martin Vetterli, président de l’EPFL, qui souligne : “Nous devons envisager ces problèmes de manière globale. C’est vraiment ce qu’il faut faire. La technologie seule ne va pas résoudre les problèmes. Avoir de grandes idées sans bénéficier de technologies qui donnent des résultats ne le fera pas non plus. Et si l’économie réelle ne s’adapte pas, nous ne pourrons pas transmettre la planète à nos enfants.”

Jean-François Manzoni, président de l’IMD, déclare que son institution a également la responsabilité d’aider à la transition vers un système économique plus inclusif et écologiquement durable. Il a présenté trois moyens d’y parvenir.

Premièrement, en aidant les organisations et les dirigeants à comprendre l’urgence de la situation. Deuxièmement, en soutenant les dirigeants et les organisations à comprendre le lien entre un comportement plus inclusif et durable et la rentabilité à court et à long terme. Troisièmement, par des activités de recherche qui aident les organisations à placer une finalité au cœur de leur stratégie.

Jean-François Manzoni le souligne : “Un de nos rôles est de souligner que, de plus en plus, il sera possible pour les organisations non seulement de bien faire (financièrement) en faisant le bien (pour le monde), mais qu’il sera seulement possible de bien faire en faisant le bien. Parce que les gouvernements, les régulateurs, les communautés et la société en général forceront de plus en plus les organisations à internaliser le coût social et environnemental de leurs actions.”

Trouver l’équilibre entre l’objectif et le profit

L’orateur invité Colin Mayer, professeur de management à la Saïd Business School de l’Université d’Oxford, appelle à une nouvelle compréhension de la finalité des entreprises dans une conversation avec Anand Narasimhan, doyen de la faculté et de la recherche de l’IMD, qui dirige également le pilier recherche d’E4S.

Il souligne le récent passage d’une doctrine de maximisation des profits diffusée par le regretté économiste de Chicago Milton Friedman à une reconnaissance du fait que le but des entreprises est de servir toutes leurs parties prenantes.

Ce changement s’est traduit, selon Colin Mayer, par la déclaration du groupe de chefs d’entreprise de la Business Roundtable de l’année dernière qui disait essentiellement que la maximisation de la valeur pour les actionnaires n’était plus la priorité.

“Le but des entreprises est de résoudre les problèmes auxquels vous et moi, en tant qu’individus, société et monde naturel, sommes confrontés”, explique Colin Mayer. “Et de le faire sous une forme qui soit commercialement viable. Il ne s’agit pas de philanthropie ou de charité; il s’agit d’une activité commerciale intransigeante.”

Il affirme qu’un objectif clair peut aider les organisations à être plus résistantes aux chocs futurs : “Les crises détruisent l’activité économique et le capital, mais elles les créent aussi, car elles créent de nouveaux problèmes à résoudre.”

Par exemple, il met en avant la pandémie actuelle de coronavirus. “Cela nécessite de nouvelles façons de travailler, de communiquer, de voyager, de socialiser et de se divertir”, explique Colin Mayer. “La façon dont nous vivions a été fondamentalement changée, et cela offre d’incroyables perspectives pour les entreprises qui vont de l’avant.”

E4S peut être une initiative qui pourra réellement contribuer à saisir cette chance systémique en soutenant les organisations qui cherchent à tirer profit des nouvelles opportunités, et aussi aider à faciliter la transition plus large vers une planète plus durable et plus inclusive pour tous.

7 octobre 2020: Table ronde autour de l'initiative des multinationales responsables

 

Compte-rendu de l’évènement:

Comment responsabiliser l’économie sans l’entraver ?

 A l’approche du vote sur l’initiative pour des multinationales responsables, Enterprise for Society (E4S) – le nouveau centre porté par l’EPFL, l’IMD et la faculté HEC de l’Université de Lausanne – organisait une table ronde sur le sujet pour mettre idées et avis en perspective. Si toutes les parties semblent en accord sur l’objectif fondamental, les moyens pour y parvenir divisent encore les opinions. 

Favoriser un paradigme économique qui puisse protéger les droits de l’homme tout en sauvegardant notre patrimoine environnemental, l’initiative pour des multinationales responsables ne cesse d’animer le débat. Si tous s’entendent sur la pertinence de poursuivre cet objectif, les avis concernant les moyens proposés pour l’atteindre n’ont pas fini d’opposer les porteurs du projet et leurs opposants. Pour en débattre, E4S, en collaboration avec Le Temps, organisait le 7 octobre une table ronde au sein de l’IMD.

Pour Alliance Sud, qui soutient activement l’initiative, il est essentiel de permettre au cadre économique suisse de se doter d’un outil préventif dans l’optique de rendre ses activités plus vertueuses. « Les mesures volontaires qui sont adoptées ou proposées s’avèrent insuffisantes pour y parvenir, souligne l’expert en entreprises et droits humains Laurent Matile. Sans parler de la concurrence inégale que favorise un contexte sans état de droit.»

«Inapplicable», rétorque economiesuisse. La directrice romande Cristina Gaggini pèse d’ailleurs ses mots en pointant du doigt d’apparents obstacles juridiques que la Suisse et son tissu économique auraient tout intérêt à éviter en refusant l’initiative. Outre l’alourdissement administratif qu’entraînerait l’adoption du projet, la directrice de la faîtière met également en évidence un problème de responsabilité. «Pourquoi serait-ce à une entreprise helvétique de répondre d’actes illicites ou contraires aux droits de l’homme commis par des fournisseurs étrangers qui, sur leur sol, avec l’inaction voire la complicité de leur gouvernement, ne respectent pas ces aspects fondamentaux?»

Perception de l’initiative, que dit la science ?

Dans l’optique de favoriser le débat et les positionnements des différentes parties, le centre E4S mène des recherches sur la manière dont le rôle des acteurs économiques est perçu. Les résultats de l’enquête, effectuée par Anna Jasinenko et Patrick Haack, de la faculté HEC de l’Université de Lausanne, Julia Binder de l’EPFL, ainsi que Vanina Farber, de l’IMD, démontrent que globalement la crise actuelle générée par la pandémie favorise les jugements en faveur de l’initiative. Ce qui indique que les demandes de responsabilité des entreprises ont augmenté à la suite de la crise.

«La crise du COVID-19 a repositionné les questions sociales liées au rôle des entreprises au premier plan, confirme Vanina Farber. Et le respect des droits de l’homme se trouve au cœur de ces questions. La période que nous vivons s’avère donc propice pour avoir une discussion à propos des effets que l’adoption de l’initiative engendrerait. Et cela qu’il s’agisse de conséquences positives ou négatives, en particulier dans l’optique de pouvoir éclairer la population au mieux sur les enjeux de cette votation.»

Si la plupart des participants à l’enquête menée par E4S conviennent que les entreprises ont la responsabilité de contribuer au bien commun, on notera cependant une dynamique intéressante en cette période de pandémie. Alors que les opposants semblent adhérer davantage à l’initiative, les partisans initiaux ont désormais une perception moins favorable de sa légitimité. Pourtant, cet effet négatif a été nettement plus faible que l’effet positif du changement d’attitude des opposants. En conclusion, les opinions sont aujourd’hui moins polarisées qu’au début de la pandémie.

Se jouer des dogmes

Eloignées ou rapprochées du débat par les partisans et opposants à l’initiative, les PME étaient dynamiquement représentées durant la table ronde de l’IMD. Christophe Barman, fondateur de la société de services aux entreprises Loyco, plaide pour l’émergence rapide d’un modèle progressiste qui puisse se défaire des dogmes qui pèsent sur notre conception de l’économie.

«Outre l’engagement durable, qui n’est pas une option mais une nécessité évidente et immédiate, il serait grand temps que les faîtières et autres organisations entrepreneuriales représentent davantage les intérêts et motivations de la génération actuelle, rappelle l’entrepreneur. Les collaborateurs cherchent aujourd’hui du sens dans ce qu’ils font. Sans cela, je suis prêt à parier que les acteurs économiques irresponsables aient de plus en plus de difficulté à attirer des talents au sein de leurs équipes dans un avenir proche.»

Du soft law au hard law

Au niveau juridique, il semble que l’initiative, qu’elle soit complexe ou non à appliquer, s’inscrive dans un contexte social et politique des plus actuels. En particulier lorsque l’on observe nos voisins européens où les projets en matière de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) se multiplient depuis un certain temps déjà.

Pour ce qui est de la question des contrôles, dans le cas où l’initiative venait à être acceptée, il semblerait que « les diverses solutions et applications potentielles soient encore peu claires », rappelle l’avocate Julie Wynne, de l’étude Froriep. En cas de refus, le contre-projet indirect élaboré par le Parlement entrerait en vigueur.

 

28 Janvier 2020: The Work of the Future: Shaping Technology & Society

Evènement organisé par l’Enterprise for Society Center (E4S) à l’IMD.

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