mars 15, 2022 | News

Net Zero signifie qu’à partir d’une certaine date, toutes les émissions de gaz à effet de serre restantes devront être retirées de l’atmosphère. Cela soulève deux questions : Comment les émissions peuvent-elles être retirées ? Qui va payer pour cela ?

La première question était au cœur d’un livre blanc rédigé par Sascha Nick et Philippe Thalmann, publié par E4S en décembre : « Retrait du carbone, net zéro, et implications pour la Suisse« .
Aujourd’hui, les auteurs ont publié un nouveau document axé sur la deuxième question : « Fonds Suisse pour les Émissions Négatives – comment payer pour le Net Zéro« .

Dans ce document, ils proposent de créer un fonds public pour financer des projets de retrait du carbone. Ce fonds, qui débuterait en 2025 et atteindrait son plein potentiel en 2030, inciterait à réduire les émissions plus rapidement et plus profondément, ce qui permettrait à la Suisse de respecter le budget carbone de 1,5°C fixé par le GIEC.

Le financement des projets de retrait du carbone pose plusieurs problèmes. Bien qu’il y ait un appel urgent à l’action climatique, les technologies d’élimination sont actuellement coûteuses. Leur coût diminuera, mais seulement si nous commençons à dépolluer dès maintenant. Par souci d’équité et pour créer la bonne incitation, ce sont les pollueurs qui doivent payer, et non l’ensemble de la communauté. Enfin, la dépollution ne fonctionnera que si nous cessons de polluer.

Le fonds proposé répond à ces questions. Sur la base du principe du « pollueur-payeur », les paiements obligatoires de tous les émetteurs suisses de gaz à effet de serre seraient utilisés pour éliminer le CO2 par des projets biologiques et géologiques.

Cette initiative permettrait à la Suisse d’atteindre le « net zéro » vers 2040, soit une décennie plus tôt que l’engagement officiel, et d’éliminer progressivement tous les gaz à effet de serre émis à partir de 2030.

Il est important de noter que les projets entraîneraient d’importantes retombées sociales et environnementales en faisant participer les communautés locales et en créant des emplois, en restaurant les écosystèmes, en améliorant la biodiversité, en régénérant les sols et en augmentant la résilience alimentaire.

Les résultats sont étayés par un modèle numérique basé sur les coûts et les potentiels de différentes méthodes d’élimination du carbone, ainsi que par une analyse financière des flux de trésorerie entrant et sortant du fonds. Pour tester, affiner et valider leurs hypothèses, les auteurs proposent également un fonds pilote, débutant en 2022, sur une base volontaire, à environ 1% de la taille du fonds complet.

Dans ce contexte, le Centre E4S prévoit de contribuer au dialogue sociétal sur la décarbonisation avec une série d’événements, de discussions, de recherches, d’enseignements et de projets pilotes.

Un premier événement aura lieu le 6 mai à l’EPFL (en français) : « En route pour Zéro émission nette en Suisse en 2050 : la contribution du retrait du carbone ».

Plus d’informations sur l’événement et un lien d’inscription peuvent être trouvés ici.

Lire le papier – Fonds suisse pour les émissions négatives