décembre 12, 2020 | Documents

Le produit intérieur brut (PIB) est critiqué à juste titre parce qu’il ne constitue pas une mesure précise de la valeur économique créée pendant une unité de temps, puisqu’il ne tient pas compte des dommages environnementaux causés par l’activité économique.

Dans ce document, nous proposons une mesure ajustée du produit intérieur qui soustrait la valeur monétaire des émissions de gaz à effet de serre (GES) du PIB pour obtenir une estimation du produit intérieur vert (PIV).

Nous fournissons les résultats pour la Suisse de 1990 à 2018, période durant laquelle une augmentation significative du PIB d’environ 60% a été compatible avec une légère diminution des émissions de GES. Il s’agit d’une forme de découplage notable entre la croissance économique et les émissions de GES.

En supposant un coût social du carbone (CSC) de 96 CHF par tonne, nous constatons que le PIV est inférieur au PIB de 0,62 % à 1,5 % en 2018, selon la méthodologie utilisée pour mesurer les émissions de GES. Au cours de la période étudiée, le taux de croissance du PIV a été légèrement supérieur au taux de croissance du PIB.

D’un point de vue politique, si la diminution identifiée des émissions de GES constitue une lueur d’espoir, les tendances actuelles ne semblent pas conformes aux engagements pris par la Suisse dans le cadre de l’accord de Paris. Il est nécessaire de mettre en place des politiques plus fermes et d’accroître la sensibilisation conduisant à des changements de comportements, notamment en ce qui concerne la mobilité individuelle (transport terrestre et aérien).

Jean-Pierre Danthine, EPFL

Clémence Gallopin, UNIL-HEC Lausanne

Veronica Petrencu, EPFL