juin 3, 2021 | Documents

De nouvelles évaluations de l’impact climatique réel de l’aviation suisse par l’Académie suisse des sciences naturelles montrent qu’il est 50% plus élevé que dans les estimations précédentes. Par conséquent, le transport aérien est désormais reconnu comme le facteur de changement climatique anthropique le plus important parmi tous les secteurs économiques suisses, devant le transport terrestre. En outre, on s’attend généralement à ce que la demande de transport aérien en Suisse revienne au niveau pré-COVID et poursuive sa croissance par la suite. Nous estimons que la taxe sur les billets d’avion, telle que prévue par la loi révisée sur le CO2, réduirait sensiblement la demande de transport aérien à l’avenir, en encourageant les voyageurs à entreprendre leur voyage autrement ou à y renoncer. La loi diminuerait donc rapidement l’impact climatique du transport aérien.


Ce nouveau livre blanc E4S passe en revue les options les plus importantes pour réduire l’impact climatique du transport aérien et les instruments envisagés ou mis en œuvre ailleurs dans le monde pour encourager une telle évolution. Il analyse en profondeur la taxe sur les billets d’avion de la loi révisée sur le CO2. Il montre qu’avec le barème proposé par le Conseil fédéral, les voyages en avion seraient réduits de 21% par rapport au niveau qui prévaudrait en l’absence d’une taxe, tandis que des recettes de près d’un milliard de francs seraient générées. La diminution de l’impact climatique de l’aviation suisse serait un peu plus faible, de l’ordre de 16%, en raison du plafond relativement bas de la taxe sur les billets d’avion de 120 francs, qui s’applique aux vols intercontinentaux particulièrement polluants en classe affaires et première classe. En moyenne, ces voyages sont 15 fois plus polluants que les vols intra-européens en classe économique, qui sont taxés à 30 CHF, et jusqu’à 17 fois plus lorsqu’ils comportent une escale. Même le taux de taxation des vols intercontinentaux en classe économique (90 CHF) ne reflète pas le fait que ces vols sont en moyenne 5 à 6 fois plus polluants que les vols intra-européens dans la même classe. Par conséquent, comme amélioration future de la taxe sur les billets d’avion, le livre blanc recommande d’augmenter les taux de taxation pour les vols long-courriers.

Philippe Thalmann, EPFL

Fleance Cocker, EPFL

Pallivathukkal Cherian Abraham, IMD

Marius Brülhart, UNIL-HEC

Nikolai Orgland, consultant IEA

Dominic Rohner, UNIL-HEC

Michael Yaziji, IMD