décembre 16, 2021 | Documents

L’élimination du carbone, y compris le captage, l’utilisation et le stockage du carbone (CCUS) et les technologies à émissions négatives (NET), est une partie importante mais réduite de l’action climatique, peu susceptible de dépasser 5-10% des émissions actuelles, dans les 2-3 décennies critiques dont nous disposons pour stabiliser notre climat et arrêter la perte de biodiversité.

Nous proposons une typologie de l’action climatique, et une classification des NET en fonction du cycle naturel du carbone qu’ils visent à améliorer, que nous utilisons pour estimer les limites de l’amélioration du cycle naturel rapide du carbone (biomasse et terre) et du cycle naturel lent du carbone (énergie pour broyer la roche et terre pour la placer afin d’améliorer l’altération climatique), ainsi que les limites de la capture et du stockage direct dans l’air (DACS) en tant que méthode entièrement artificielle (énergie, coût et courbes d’apprentissage). L’analyse du potentiel suisse confirme la limite de 10 % pour les NET, en mettant l’accent sur la restauration des zones humides, le carbone du sol et le BECCS limité.

Le principal défi consiste à changer l’objectif de l’élimination du carbone, qui ne doit plus être d’améliorer la récupération du pétrole dans les champs pétrolifères épuisés et d’étendre les actifs et les revenus des combustibles fossiles, mais plutôt de stabiliser le climat en éliminant les 5 à 10 % d’émissions résiduelles après une décarbonisation profonde. La protection des services écosystémiques est l’une des principales raisons de l’action climatique, et elle doit également guider le développement des NET.

Pour financer l’élimination du carbone selon le principe du pollueur-payeur, nous proposons un Swiss Climate Cleanup Fund (Fonds Suisse pour la Dépollution du Climat). Ce fonds permettrait de combler le fossé entre la diminution des émissions de CO2 par rapport aux niveaux élevés actuels et le temps nécessaire pour développer une élimination efficace. Ce mécanisme fixe un prix du carbone objectif, “technique” et non “politique”, créant ainsi un signal fort pour accélérer l’action climatique.

Dans un monde sous contrainte énergétique, l’utilisation de l’énergie devient essentielle : 15 GJ d’énergie propre par personne, largement à portée de main, pourraient satisfaire universellement les besoins en services énergétiques. Son utilisation pour le DACCS (Direct Air Carbon Capture and Storage) ne permettrait de supprimer que ⅓ des émissions actuelles de combustibles fossiles. Si on l’utilise pour les carburants synthétiques, on ne pourrait remplacer que 1/10 du carburant actuel.