avril 6, 2022 | Documents

Exit vs. voice, ou défection vs. prise de parole en français, tel est généralement le choix d’actionnaires responsables face à une entreprise dans laquelle ils ont investi mais qui fait preuve d’un comportement non conforme à leurs valeurs. Dans le premier cas, ils décideront de se dissocier et de désinvestir, dans le second, d’engager le dialogue pour initier un changement. Cette dernière stratégie fait référence à l’actionnariat actif et constitue le sujet d’une série d’études publiée cet avril par Enterprise for Society (E4S) Center. Mais comment favoriser le succès de l’actionnariat actif ? Dans quels cas les entreprises sont-elles plus susceptibles de se conformer aux demandes ESG des investisseurs ? Et que faire lorsqu’elles n’y répondent pas ?

Points essentiels

  1. Les entreprises matures et sous contraintes financières sont plus souvent la cible de l’actionnariat actif.
  2. Trois catégories de facteurs influencent le résultat d’initiatives actionnariales : le profil de l’entreprise, le profil de l’investisseur et les caractéristiques de l’engagement.
    • Les entreprises matures et conscientes des questions ESG sont les plus susceptibles de se conformer aux demandes des actionnaires.
    • Les investisseurs institutionnels locaux avec un historique d’engagements fructueux avec l’entreprise semblent atteindre plus souvent leurs objectifs.
    • Les engagements collaboratifs à plusieurs niveaux, traitant de la gouvernance d’entreprise ou ayant une approche plus agressive semblent être davantage fructueux.
  3. Bien qu’elles répondent moins à l’engagement, les plus petites entreprises et les retardataires ne doivent pas être laissées de côté. Une intensification de l’engagement ainsi que la collaboration avec d’autres acteurs tels que les investisseurs obligataires et les créditeurs peuvent aider lorsqu’un premier engagement échoue.

Série E4S sur l’actionnariat actif

En décembre 2021, E4S avait étudié l’impact du désinvestissement en tant que stratégie responsable. La série E4S sur l’actionnariat actif se penche sur une alternative au désinvestissement : l’engagement et le vote. La première étude de cette série, Actionnariat actif : par qui et comment ?, avait décrypté cette pratique. La seconde, Actionnariat actif : pour quel impact ?, étudiait les bénéfices et coûts pour l’investisseur qui s’engage et les réactions et changements de comportement de l’entreprise ciblée. Pour être fructueux dans leurs engagements, les investisseurs devront toutefois prendre en compte différents facteurs. La présente et dernière analyse de la série développe finalement comment le profil de l’entreprise ciblée et de l’investisseur ainsi que les caractéristiques de l’engagement peuvent influencer l’issue d’une initiative actionnariale.

La version anglaise de cette analyse sera disponible à partir du 4 mai prochain.

Jean-Pierre Danthine, E4S

Florence Hugard, E4S